La question de la fin de vie est au cœur des débats parlementaires en France. Après une première lecture à l’Assemblée nationale, la proposition de loi relative à la fin de vie sera prochainement examinée par le Sénat (du 20 au 26 janvier 2026). Ce texte, débattu depuis plusieurs années, vise à réformer de manière significative le cadre légal de l’accompagnement des personnes en fin de vie, mais pose aussi de véritables questions quant au respect de la vie humaine.

Le projet est structuré autour de deux volets distincts : d’une part, une proposition de loi conçue pour renforcer l’accès et la qualité des soins palliatifs, afin de garantir à chaque personne un accompagnement digne jusqu’à la mort naturelle ;
d’autre part, une proposition visant à instaurer un « droit à l’aide à mourir », qui ouvrirait, sous conditions, la possibilité d’un accompagnement médical vers une mort provoquée. C’est sur ce second point que se situe l’enjeu éthique entrainant un débat sociétal sur le sens de la dignité humaine.

Soins palliatifs
Les évêques de France rappellent que l’Église accorde une place centrale à la dignité de toute personne humaine, à la protection des plus fragiles et à l’accompagnement des malades et des souffrants jusqu’au bout de la vie.

Selon un objectif annoncé par Catherine Vautrin en 2024 (alors ministre de la Santé ndlr), la France devrait compter, en 2026, 199 unités de soins palliatifs (USP) réparties dans tous les départements. Ce chiffre inclut les 20 départements qui n’en disposaient pas auparavant.
Pour rappel, seulement 168 USP étaient recensées fin 2023. Ce déploiement réclamé par les soignants depuis des années, s’inscrit dans le cadre de la stratégie décennale pour les soins palliatifs, visant à améliorer l’accès aux soins palliatifs sur l’ensemble du territoire.

Aide active à mourir
Sur la question de l’aide active à mourir (euthanasie et suicide assisté), la Conférence des évêques de France exprime des réserves profondes : elle considère en effet que conférer une réponse légale à la souffrance par une forme d’auto-suppression assistée constitue une rupture éthique majeure et soulève des enjeux importants.
Selon le projet de loi, ce nouveau droit pourrait être exercé par toute personne remplissant l’ensemble des conditions suivantes :
– être âgée d’au moins dix‑huit ans ;
– être de nationalité française ou résider de façon stable et régulière en France ;
– être atteinte d’une affection grave et incurable, qui engage le pronostic vital, en phase avancée ou terminale ;
– présenter une souffrance physique et psychologique liée à cette affection, qui est soit réfractaire aux traitements, soit insupportable selon la personne lorsqu’elle a choisi de ne pas recevoir ou d’arrêter de recevoir un traitement ;
– être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée.

La proposition de loi crée également une clause de conscience pour les professionnels de santé qui ne souhaiteraient pas participer à cette procédure et qui devraient alors communiquer au patient le nom d’autres professionnels de santé. Par ailleurs, le texte définit un délit d’entrave et les sanctions associées pour les actions visant à empêcher ou à tenter d’empêcher, par tout moyen, de pratiquer ou de s’informer sur l’aide à mourir, indique-t-on sur le site www.senat.fr

À l’approche de l’examen au Sénat, la Conférence des évêques de France invite les catholiques à dialoguer avec leurs sénateurs, afin de partager leurs réflexions et leurs préoccupations en conscience, tout en restant fidèles aux principes du respect de la vie.

Dans les Hautes-Pyrénées, Monseigneur Micas encourage les catholiques à s’informer sur le sujet et sur la globalité du projet de loi (aide active à mourir et développement des soins palliatifs) ; l’évêque de Tarbes et Lourdes rappelle que l’évangile nous engage à la miséricorde, en particulier à l’égard des personnes en souffrance.

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