Les diacres

Un mois de prière pour les diacres

« Les diacres ne sont pas des prêtres en second. Ils font partie du clergé et vivent leur vocation en famille et avec la famille. Ils sont consacrés au service des pauvres qui portent sur eux le visage du Christ souffrant. Ils sont les gardiens du service dans l’Eglise.

Prions pour que les diacres, fidèles à leur charisme au service de la parole et des pauvres, soient un signe stimulant pour toute l’Eglise. »

Tels sont les propos du pape François dans la courte vidéo mensuelle qu’il réalise pour illustrer le thème de prière des semaines qui suivent.
Et pour Mai 2020, il a souhaité que l’Eglise catholique prie pour les diacres.

  • N’est-ce pas une belle idée que ce mois dédié à Marie soit aussi un moment où nous pouvons penser aux diacres ? Certes, ils sont présents dans la prière eucharistique mais l’opportunité qui nous est faite aujourd’hui est d’autant plus heureuse qu’elle met en lumière le lien étroit entre les serviteurs et la Mère de Jésus.
  • N’est-elle pas, elle-même, le modèle diaconal par excellence ? Sa réponse à l’ange Gabriel a bien été de se présenter comme « la servante du Seigneur » (Lc 1,38).
  • Toute sa vie a été de suivre son fils dans l’ombre, sans tirer aucune gloire n’exprimant que sa fidélité jusqu’au pied de la croix où elle s’est trouvée dépositaire du service d’un peuple.
  • A son image, le diacre n’a pour lui aucune place à la lumière veillant simplement à ce que personne (et surtout pas les pauvres) ne soit oublié. Le pape le rappelle bien en déclarant qu’il est le « gardien du service de l’Eglise ». Certes cela n’est pas toujours facile à assumer et vivre en permanence une telle condition de « serviteur inutile » peut lui faire croire qu’il ne sert à rien. Dieu seul compte (1 Co 3,7) et toute personne engagée dans un ministère ou une mission d’Eglise se doit de ne pas l’oublier.
  • Comme Marie, voilà le diacre silencieux retenant tous les événements du monde et les méditant dans son cœur (cf. Lc 2, 19). Dans sa famille, avec sa famille, dans son travail, dans les milieux laïques pour ne pas dire profanes où il est impliqué, le diacre porte ce même ministère de l’incarnation, discernant les appels de son temps.
  • Dans la discrétion inhérente à son ministère, il veille, lui-aussi, osant, comme Marie à Cana, attirer l’attention des décideurs : « Ils n’ont plus de vin !» Comprenons : les hommes attendent parfois de l’Eglise une parole d’amour, un geste d’espérance, ou une initiative de création. Le diacre veille et parle.
  • C’est dans la Tradition de l’Eglise que le diacre agit comme le lui spécifie le rite d’ordination. Marie dans sa discrétion a envoyé Bernadette demander aux prêtres de bâtir une chapelle.
  • Enfin, n’est-il pas surprenant qu’Etienne que l’on situe souvent comme le premier diacre, institué pour le service des tables (Ac 6) pour permettre aux Apôtres de s’attacher à la proclamation de la Parole de Dieu, n’est-il pas surprenant, donc, qu’il devienne, à son tour serviteur de la Parole (Ac 7) et cela jusqu’à mourir ? Le diacre, dans sa mission que lui confie l’Eglise, par l’imposition des mains est appelé à servir la Parole en « proclamant cette foi par la parole et par les actes », (cf. rite d’ordination) car rien ne peut se vivre sans l’Evangile, aucune mission, aucune responsabilité, aucun engagement dans le monde, n’a de sens sans le Christ.
  • Prier pour les diacres en ce mois de mai, c’est leur conseiller à chacun, à l’instar de Marie : « faites tout ce qu’il vous dira »

Le diaconat dans notre diocèse

1984-2019 : le diaconat permanent a 35 ans dans le diocèse de Tarbes et Lourdes. Un ministère encore jeune mais déjà doté d’une certaine expérience. Trente-cinq ans de travail au service d’un diocèse partagé entre les réalités d’un petit département à la fois rural et montagnard avec deux ou trois villes moyennes et un sanctuaire bien connu accueillant à peu près 20 fois plus de pèlerins par an que la population des Hautes-Pyrénées.

Nous sommes aujourd’hui 19 diacres dont les âges varient entre 80 et 46 ans. 3 diacres sont célibataires. C’est dire que tous, nous avons été ordonnés en pleine activité professionnelle (pilote de ligne, enseignants, employé de banque, La Poste, ANPE, d’agence d’énergie, infirmier, directeur de maison d’accueil, responsable de chantier public, boulanger, l’un est maire de son village, etc.) Aujourd’hui, les « actifs » sont moins nombreux, ce qui vient aussi modifier les missions. Deux d’entre nous se partagent entre notre diocèse et Paris ou Nantes.

Le principe premier du diaconat permanent, on le sait, est l’insertion dans le monde pour le service de la Parole et du pauvre, pour la proximité avec les périphéries, pour une juste cohérence dans la vie de l’Eglise. Cela, chacun s’applique à le faire, comme il le peut et son insertion dans le travail a toujours été un critère d’évaluation : quelles relations avec les collègues, les familles, les jeunes ? Quelle solidarité dans les « coups durs » dont ils peuvent être victimes ? Quelle présence dans les moments de joie ?

Nos missions ont été très variées pendant toutes ces années : responsabilité diocésaine pour l’œcuménisme, pour le catéchuménat, la pastorale scolaire et universitaire (public et catholique), la pastorale du tourisme, engagés dans les mouvements d’action catholique principalement en milieu rural, dans les médias aussi, l’aumônerie des prisons et l’officialité.

Certains parmi nous sont aussi présents dans le sanctuaire pour la liturgie mais surtout, pour l’accueil individuel du pèlerin, assurant des permanences d’écoute. Un autre est animateur au Centre St Pierre du Secours Catholique.

Un pôle important pour nous : notre présence au crématorium du département, où nous rencontrons des familles dépourvues, souvent loin de la fréquentation de nos églises paroissiales et à un moment tout particulièrement difficile de leur vie.

Heureusement, il y a aussi les multiples baptêmes et mariages que nous célébrons au cours des années, soit parce que participons à la mission paroissiale, soit par les différentes relations et connaissance que nous avons pu tisser dans nos différents milieux de travail.

Enfin, des confrères sont principalement engagés dans la pastorale paroissiale, engagés dans la réflexion incontournable sur l’avenir de nos paroisses compte-tenu de la raréfaction des prêtres : soutenir les pasteurs, veiller aux liens entre les paroisses, participer aux travaux des EAP.

La retraite est un tournant car le diacre n’est plus véritablement en contact direct et quotidien avec ses anciennes réalités professionnelles. Il doit donc veiller à maintenir ces relations concrètes tout en « se rendant utile » dans une pastorale plus « cléricale ». C’est certainement un défi pour aujourd’hui.

Dix-neuf diacres heureux, qui s’entendent bien, se retrouvent régulièrement pour prier, réfléchir, travailler et … aussi autour d’une bonne table. N’oubliez pas ! Nous sommes en Bigorre !

Gérard Crozat