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La vie et l'amour sont plus forts que la mort

A l’occasion de la fête de la Toussaint, temps privilégié pour visiter et fleurir les tombes de nos défunts, voici quelques réflexions du Père Bertrand Chevallier, vicaire général, sur la mort et la célébration chrétienne des funérailles.


Lorsque nous ouvrons les Evan­giles, un épisode particulier nous montre l’attitude de Jésus devant la mort : c’est lorsqu’il est confronté à la mort de son ami Lazare (Jn 11, 1-44). Nous le voyons pleurer. Jésus rejoint les larmes de Marie, il est pro­fondément bouleversé par la mort de son ami. Nous le voyons aussi saisi par l’angoisse au jar­din des Oliviers juste avant son arrestation. Il prie son Père en lui demandant d’éloigner de lui cette coupe (Lc 22, 41-44) et sur la croix, il crie cette angoisse : « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46). Mais il faut surtout mention­ner comme parole de Jésus sur la mort : sa propre mort. Dans ce lieu jaillit une parole de confiance envers son Père. Juste avant de mourir, Jésus s’abandonne entre les mains de son Père (Lc 23,46), il demeure dans cette confiance absolue que son Père va détruire la mort et, s’il doit plonger au coeur de ce lieu d’angoisse et de larmes, c’est pour le traverser. Le tombeau ouvert affirme cela.

Qu’est-ce que l’Eglise peut offrir quand on est dans le deuil ?

A la suite du Christ, l’Eglise est là pour offrir cette Bonne Nouvelle que la vie et l’amour sont plus forts que la mort. La célébration des funérailles est porteuse de cette espérance qui s’enracine dans le mystère Pascal. L’Eglise est donc appelée à accueillir, à prier, à apporter compassion et tendresse, à écouter, à avoir le geste qui rassure et aussi à se laisser toucher par la peine, la révolte de ceux qui souffrent. L’Eglise entre en compagnonnage avant, pendant et après le deuil. Le chemin de l’Eglise est celui du Christ, un chemin de proximité.

Et la célébration des funérailles ?

Tout d’abord, retenons que les funérailles ne sont pas l’affaire des prêtres et des diacres seu­lement mais de toute l’Eglise qui accompagne une famille en deuil et qui prie pour les défunts. C’est la communauté chré­tienne qui célèbre. Aujourd’hui, nous sommes invités dans notre diocèse à faire cette expérience. A l’église, au crématorium, au cimetière ou à la maison, les chrétiens rejoignent, par la prière et leur présence, ceux qui sont dans l’épreuve. Les funérailles chrétiennes sont l’occasion de célébrer avec foi la Pâque du Christ et de laisser la Parole de Dieu nous rejoindre pour annon­cer que le tombeau est vide car il n’a pu retenir la mort. C’est vers ce lieu vide que nous sommes convoqués.