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Après les inondations de juin 2013

DégâtsMgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes, a adressé un message d'espéranceà tous les habitants des Hautes-Pyrénées au lendemain des inondations qui ont dévasté plusieurs vallées de son diocèse.

L'intégralité du message

La crue du 18 juin dernier a laissé derrière elle un spectacle de désolation dans le Pays de Lourdes, la vallée des Gaves et la vallée du Bastan. Les vallées d’Aure, du Louron et de la Neste ont également subi des dégâts, sans oublier, dans les départements voisins, la région de Saint-Béat, Bagnères-de-Luchon, Bétharram ou la plaine de Nay.

Je pense aux personnes qui ont été directement frappées par la montée des eaux. D’abord à celles qui ont perdu la vie, à leur famille, à leurs voisins, à leurs amis. Je pense aussi à celles qui ont perdu en quelques heures leur maison, leurs prairies, leur commerce, parfois même le travail de toute une vie.

Nous aurions des raisons de céder au découragement, à la colère ou à la peur. Il n’est pas si simple de prendre de la distance par rapport à nos émotions quand nous voyons les dégâts causés par les eaux dans nos vallées.

Pourtant, ne perdons pas l'espérance

L'espérance vient d’abord de notre foi dans le Seigneur qui ne nous abandonne pas dans l’épreuve. En cette Année de la Foi l’occasion nous est donnée de confesser que nous nous appuyons sur lui, même si nous sommes troublés et choqués. Au moment où nous avons à reconstruire nous savons qu’il est là et qu’il nous tend la main. Le mardi 18 juin le psaume de la messe disait : « Heureux qui s’appuie sur le Dieu de Jacob, qui met son espoir dans le Seigneur son Dieu… Le Seigneur garde à jamais sa fidélité, il fait justice aux opprimés. Il redresse les accablés. » (psaume 145) Nous savons aussi que la Sainte Vierge Marie, Notre Dame de Lourdes, nous protège et nous garde maternellement. C’est à elle que nous confions tout particulièrement ceux qui sont le plus touchés ; en particulier ceux qui sont dans le deuil ; ceux qui ont perdu une maison, un commerce ou un hôtel. Je vous invite à prier le chapelet à leurs intentions.

Il y a une autre raison pour laquelle nous ne voulons pas baisser les bras : c’est l’élan de solidarité que nous avons connu au sanctuaire de Lourdes, dans les communes et les villages du diocèse. Outre les Sapeurs-Pompiers et les membres de la Protection Civile, beaucoup de bénévoles – du département et d’ailleurs – nous ont rejoints pour nettoyer et commencer à reconstruire. Des personnes de tous les âges se sont proposées dans les mairies pour donner de leur temps et de leur énergie. J’ai entendu bien des témoignages dans ce sens à Lourdes, à Luz-Saint-Sauveur ou à Cauterets. Nous avons fait cette expérience de collaboration et de fraternité dans l’épreuve. Ainsi nous prenons exemple sur les communautés de Macédoine évoquées par saint Paul dans la lecture de la messe du 18 juin: "Dans les multiples détresses qui les mettaient à l’épreuve, leur joie a été sans mesure, et leur extrême pauvreté a produit d’abondantes richesses de générosité toute simple (2 Corinthiens 8 1-2)."

Nous serons tous attentifs dans les mois qui viennent à la situation des victimes, par notre prière et par nos actes. Beaucoup d’entre vous le font déjà depuis le jour des inondations. Le sanctuaire de Lourdes, lui même touché, mettra aussi à disposition du personnel qualifié et du matériel pour participer au nettoyage, au terrassement et à la reconstruction.

Notre défi sera de tenir dans la durée. Les réparations s’étaleront sur plusieurs mois. C’est au cours de ces mois, alors
que les médias ne parleront plus de ces inondations, qu’il nous faudra être vigilants pour que notre élan de fraternité ne retombe pas.

Je remercie tous ceux qui nous ont écrit, aidés, encouragés ; tous ceux qui m’ont accueilli dans les communes où je suis passé ces derniers jours. Je vous assure de ma prière, de ma confiance, de ma communion.

Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes