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Le diaconat

Institué dès les débuts de l’Eglise par les Apôtres comme un «service », le diaconat, peu à peu disparu, a été rétabli par le Concile Vatican II. Le Diaconat est un sacrement de l’Ordre.
On est ordonné diacre comme on est ordonné prêtre ou évêque. Conféré par l’imposition des mains de l’évêque, il fait de celui qui le reçoit, un signe du Christ serviteur au milieu des hommes dans tous les domaines de la vie : travail, famille, vie sociale...
Le diacre qui peut être célibataire ou marié peut baptiser, recevoir le consentement des époux lors de leur mariage, animer la prière ou encore accueillir à l’occasion d’une sépulture.


Délégué diocésain au diaconat : Gérard Crozat, diacre permanent
Prêtre accompaganteur : Jean-Michel Puyau
Contact : Maison diocésaine Saint-Paul
51, rue de Traynès 65 000 Tarbes
Tél. : 05 62 44 28 06 et 05 62 44 28 28
Courriel : ktq65@wanadoo.fr

Diacres du diocèse, ils témoignent

 « Ma venue au diaconat est le fruit d’une longue recherche personnelle »

Philippe Bergeroo-Campagne, pilote de ligne retraité, est marié et père de deux enfants


« Le 14 décembre 1997, j’ai été ordonné diacre permanent.
Ma venue au diaconat est le fruit d’une longue recherche personnelle. Ma mission de diacre se situe au sein du Secours Catholique. Après avoir passé quelques années au sein de l’Abri de nuit, rue des Cultivateurs à Tarbes, j’ai découvert un monde particulièrement pauvre, le monde des sans domicile fixe...
Pauvres parmi les pauvres, non seulement parce qu’ils sont dépouillés de tout (toit, famille, travail) mais parce que la plus grande douleur des SDF c’est que personne n’a besoin de leur amitié. C’est une population qui parfois a eu un passé très riche et qui, un jour, sous la pression d’un coup dur, dans une période de particulière fragilité (perte de travail, décès d’un être cher, divorce…) brise tout lien avec la société, pensant mieux se protéger ainsi.
La suite est une spirale. Souvent absent de mon domicile, par ma profession, l’association viefamiliale/diaconat demande une attention particulière, gardant toujours en tête que le sacrement du mariage prime sur le sacrement de l’ordre.
On ne peut assumer pleinement et avec fruit sa mission de diacre que si sa vie de couple et familiale est parfaitement harmonieuse. Certes, mission diaconale et vie professionnelle créent quelques problèmes, mais être diacre parmi ses collègues de travail est aussi de la responsabilité du diacre, c’est aussi une forme de visibilité de l’Eglise.
Le diacre est serviteur de l’Eglise en servant ses frères, en tout lieu, à tout instant de sa vie. »

« Que je réponde par la sainteté de ma vie à la mission prophétique de l’Eglise »

Gérard Crozat est célibataire et professeur d’anglais

J’ai été ordonné diacre en 1984.
Ce que je vis depuis cette date est source de beaucoup de travail mais aussi de joies.... Célibataire, je suis amené à signifier que l’originalité du ministère diaconal ne vient pas principalement de la situation matrimoniale du diacre, mais bien de l’imposition des mains de l’évêque et de la mission qu’il en reçoit...
Toutes les réalités que je vis sont à prendre en compte : ma profession d’enseignant dans l’enseignement catholique me place au carrefour des rencontres entre plusieurs générations : les jeunes d’abord, puis les collègues et les parents.
L’école est une institution fort complexe connue de tous mais comprise uniquement par ceux qui la fréquentent aujourd’hui. Les mentalités changent, la conception même de l’éducation évolue et ce que l’on attendait des jeunes, des parents et des enseignants il y a quelques années n’est plus nécessairement une priorité à l’heure actuelle.
J’essaie de vivre ma mission de serviteur dans ce contexte, à la fois acteur de réconciliations et de développement mais aussi inévitablement impliqué dans les conflits du quotidien, parce que je suis humain, pauvre et que je suis de ce quotidien.
Toutefois une oraison éclaire aussi mes actes et je cherche à la vivre tous les jours : « Seigneur, aide-moi à me comporter dans le monde en enfant de Dieu appelé à la liberté : que je réponde par la sainteté de ma vie à la mission prophétique de l’Eglise. »
Cette mission prophétique, j’en ressens tous les jours l’acuité lorsque je rencontre des parents d’élèves qui subissent des relations difficiles, des jeunes eux-mêmes en difficulté, lorsque je dialogue avec un collègue qui me demande conseil ou n’en demande pas mais est en attente, lorsque j’anime un conseil de classe où se pose la lourde question de l’orientation de tel ou tel élève…
Mais cette mission, je la vis aussi dans les charges que l’évêque veut bien me confier : aumônerie des étudiants, service diocésain du catéchuménat, coordination de l’organisation des JMJ, participation à la pastorale d’un ensemble pastoral.
Je vis aussi mon état de célibataire à la fois comme un choix libre pour le Seigneur et une meilleure disponibilité pour mes frères, mais aussi comme une mission d’Eglise afin de dire tous les jours que seul le Seigneur compte et que tous les hommes et femmes sont invités à reconnaître sa présence essentiellement dans leurs vies.
J’essaie de vivre le célibat comme un don total pour lequel je renouvelle tous les jours ma promesse de fidélité et pour lequel aussi je rends grâce. A travers cet état, comme à travers ma profession qui me passionne et les responsabilités qui m’enrichissent, je mesure la confiance du Seigneur en son serviteur inutile et fais miennes les paroles de cette autre oraison au soir d’une journée :
''Seigneur…fais germer et grandir jusqu’à la moisson la semence du Royaume des Cieux que nous avons jetée en terre par le travail de cette journée'' ».

 «  Dans un monde qui peine, je suis diacre pour témoigner de ma confiance en l’élan de Vie qui traverse l’Homme »

Christophe Mansaut, cadre infirmier, est marié et père de deux enfants


« J’ai été ordonné en septembre 1999 et vit de deux sacrements qui s’enrichissent mutuellement ...
Le sacrement du mariage offert à mon épouse et à moi-même pour qu’il devienne une source d’eau vive vers les autres.
Projet de vie caractérise par le choix de l’accueil, du service, de l’ouverture et enraciné dans une communauté de prière : se retrouver dans le silence, dans l’oraison, être disponible au Seigneur, au couple pour mieux l’être aux autres. Le Sacrement de l’ordre par lequel je suis devenu diacre engagé dans la vie familiale, professionnelle, sociale, inséré dans la réalité de la paroisse d’Azereix-Ossun et vivant en communion de prière avec la Fraternité Monastique de Jérusalem d’Ossun dont je forme comme un prolongement évangélique au coeur du monde.
Dans un monde qui peine, je suis diacre pour témoigner de ma confiance en l’élan de Vie qui traverse l’Homme. Je suis diacre au sein du sanctuaire de Lourdes avec l’Hospitalité : service auprès des malades en pèlerinage. Je suis diacre à l’hôpital : côtoyer des soignants, des malades, des mourants et leurs familles, être partenaire et solidaire.
Voir passer régulièrement le train de la souffrance et de la mort et être, parmi les hommes, homme vivant de l’espérance. Se fondre dans les couloirs de l’hôpital, sans faire de publicité autour de mon statut de diacre mais sans faire non plus mystère de mes activités pastorales dans la réalité de tous les jours, parfois morne, parfois enthousiasmante.
Vivre la prière dans ce quotidien, prière avec le Christ totalement et discrètement présent dans chaque geste, chaque pensée. Tout cela influence mon diaconat, l’hôpital me préserve d’un discours trop théorique, j’espère que la Parole que j’annonce est éprouvée…
A moi de vérifier qu’à l’hôpital elle reste pertinente. Je suis diacre, serviteur conscient de la tâche à accomplir, mais aussi serviteur conscient de mes faiblesses et de mes imperfections que seuls les sacrements et l’assurance de la gratuité de Dieu permettent de surmonter pour continuer à avancer sur le chemin de la Vérité et du diaconat tracé par mes frères aînés. »