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Aumônerie des gens du voyage

Aumônerie Gens du Voyage
51, rue de Traynès
65000 - Tarbes

Aumônier Diocésain et Provincial Midi-Pyrénées : P. José-Maria de Antonio

Tél : 33.(0)5.62.93.41.35
Fax : 33.(0)5.31.60.09.52
Mobile : 33.(0)6.12.30.69.90
Courriel : jose.deantonio@sfr.fr

C'est un peuple. Même sédentarisés, ils restent « voyageurs ».

La plupart des « Gens du Voyage » sont Français depuis des siècles. D'autres sont arrivés plus récemment du centre et de l'est de l'Europe (Roumains, Bulgares, Hongrois). Ces deux communautés, vivent de façon tout à fait séparée.
Les Gens du Voyage forment des communautés soudées qui possèdent de fortes spécificités en termes de culture, de traditions ou de mode de vie. Habitués à se défendre contre brimades et agressions, ils sont en permanence sur la défensive.
D'origine indienne, on remarque 4 grands groupes : Manouches, Gitans, Rom et Yéniches.
Pour eux, le travail n'est pas une fin en soi, mais un moyen de vivre et parfois de survivre, (travaux saisonniers, artisanat, maçonnerie, plomberie, peinture...). La pratique de nombreux petits métiers traditionnels diminue sensiblement, ce qui les pousse à l'adaptation et parfois à la sédentarisation.
Les caravanes et véhicules sont des lieux de vie et de travail : la plupart sont achetés à crédit. Les déplacements sont liés au travail du moment. Sédentarisés, ils doivent se faire passer pour des Gadgé (non voyageurs) pour accéder au monde du travail.
La famille qui est, en fait, une communauté au sens large, est un gage de solidarité et de sécurité. La vie de famille est très hiérarchisée et marquée par de nombreux rites aux traditions vivaces (mariages, funérailles...).
Les malades sont très entourés et les « vieux » restent en famille entourés d'affection et de respect.

Le voyage est synonyme d'une liberté à laquelle ils sont très attachés.

Même sédentarisés, ils gardent ce besoin de liberté au niveau social comme au niveau religieux. La religion tient une place importante dans la vie des Gens du Voyage. De tradition orale, la transmission de la foi se fait naturellement chez eux. Très souvent, si un enfant n'est pas baptisé avant ses 2 ans, c'est parce qu'il y a eu des décès ou des difficultés importantes. Accueillir dans la différence ne veut pas dire tout accepter, mais tenir compte d'une culture, d'une manière de vivre. Les Evangéliques et Pentecôtistes sont très présents et actifs et sèment le doute. Ils utilisent les difficultés actuelles de l'Eglise pour montrer qu'elle est « du diable ».

Ils ont deux grands pèlerinages nationaux: Les Saintes Maries de la Mer en Mai et Lourdes en Août, ainsi que les pèlerinages régionaux : Barbastro, en Espagne, le dernier week-end d’avril, Pibrac le 1er mai,  ND de la Drèche en septembre, ND de Livron en octobre. Ce sont des temps forts d'expression de Foi et de vie en Eglise

La catéchèse se fait déjà par les parents, avec les déviations liées à une tradition orale. Ils sont avides de tout film « parlant de Dieu ». Leur besoin de grand air, de liberté, les difficultés scolaires font qu'ils ont du mal à suivre la catéchèse paroissiale, surtout si on les met en petits groupes ou par âge avec les enfants gadgé.
Les baptêmes : 70% se font avant 3 ans. Ceux qui sont retardés, le sont en général suite à un décès. Le baptême c'est la fête : on ne baptise pas quand on est en deuil. Les familles étant nombreuses, le retard peut être important. Des parents hésitent et tardent, souvent à cause de la pression des Evangéliques et Pentecôtistes. En cas de refus par un curé ils s'orientent facilement vers eux.
Les premières communions ne sont pas, le plus souvent, dans leurs préoccupations. Se sentant exclus des paroisses, ils ne font pas cette démarche. Cependant quand l'aumônerie les propose, des voyageurs adultes se joignent à cette démarche.

II est important d'accueillir les différentes demandes des Gens du Voyage, en gardant à l'esprit que les Voyageurs Catholiques subissent des pressions de la part des évangéliques et que, si on veut les enfermer dans des normes paroissiales ils iront ailleurs. Ce ne sont pas les exigences de l'église qu'ils rejettent.

L'Aumônerie reste toujours prête à aider les paroisses pour les demandes des Voyageurs ou éventuellement pour les prendre en charge.

Les voyageurs s'attachent facilement à une église quand on a commencé à les y bien accueillir. Ils sont déstabilisés quand on leur demande d'aller dans une autre église voisine, sans nécessité ou sous des prétextes qu'ils n'arrivent pas à comprendre.
Pour plus de renseignements n'hésitez pas à contacter l'aumônerie
II est souhaitable et important que les paroisses signalent à l'Aumônerie les baptêmes, mariages ou sépultures célébrés en paroisse pour assurer un suivi. Ceci permet de faire un lien et de montrer aux Voyageurs que l'aumônerie n'est pas opposée aux paroisses, mais complémentaire et qu'elle les aide à découvrir ce qu'est l'église. A titre de réciprocité.

Une évolution des Voyageurs vers les paroisses est possible à condition : d'accueillir, de prendre le temps, d'expliquer, d'intégrer


Accueillir : Trop souvent rejetés, exclus ou ignorés. Les Voyageurs viennent vers les paroisses quand ils y sont obligés. S'ils se sentent accueillis, ils reviennent facilement.

Prendre le temps ;
II y a 15 ans les voyageurs demandaient le baptême le vendredi pour le lendemain. Les baptêmes étaient célébrés sans préparation, faute de temps, mais à la fin de la célébration, nous leur disions : « "C'est dommage, si on avait pu se voir avant, on aurait pu mettre de la musique, les enfants auraient pu faire quelque chose.. »
Rapidement le bouche à oreille a fonctionné et dès qu'une maman « 'attend famille »", elle nous dit : «  Nous allons avoir un petit, il faut penser au baptême » et nous avons neuf mois pour parler du baptême. II est à signaler que pour les Voyageurs demain est un jour qui n'existe pas, donc si on leur dit qu'il faut attendre un an, deux ans, pour eux ça veut dire jamais.

Expliquer
Prendre le temps de leur expliquer le pourquoi de manière simple, sans qu'ils ne ressentent un refus ou un rejet

Intégrer
Avoir le souci de les intégrer à la paroisse et non pas de les assimiler, de les paroissialiser. L'aumônerie peut vous donner des idées.